Depuis plusieurs années, je joue au hockey dans des ligues de garage près de chez moi. Imaginez un moment une vingtaine d’hommes dans la quarantaine et plus qui tentent désespérément de créer ce moment personnel de gloire qui passera à répétition dans les bulletins de nouvelles sportives et qui se disent : « on est en train de jouer pour le plaisir ». Au cours des dernières années, je me suis souvent posé la question : à quoi doit ressembler le leadership dans une ligue de garage?

Sommes-nous vraiment une équipe?

Tout d’abord, entendons-nous qu’il y a deux types de ligues de garage. Le type avec seulement deux équipes et l’autre avec plus de deux équipes. Dans les deux cas, on retrouve souvent la même base de joueurs d’année en année avec quelques nouveaux qui se rajoutent pour compenser les départs.

Dans les ligues avec seulement deux équipes, soit ce sont pas mal les mêmes joueurs dans chaque équipe pendant toute la saison ou il y a une rotation pour qu’éventuellement tous puissent avoir joué ensemble à un moment de la saison.

La question qui m’habite parfois est la suivante : bien que nous formions des « équipes », avons-nous tous la même définition du mot « équipe »? Sommes-nous vraiment une équipe ou sommes-nous au mieux deux groupes d’individus qui s’affrontent chaque semaine? À part porter un chandail de la même couleur, qu’est-ce qui fait de nous une « équipe »?

Si nous étions une « équipe », ma croyance est que nous aurions un entraîneur pour nous diriger ou, tout du moins, nous aurions des pratiques entre nos parties afin de mieux jouer ensemble. Pourtant, au cours des dix dernières années, je ne me souviens pas d’avoir été à l’une de ces pratiques.

D’accord, avec les années, jouer chaque semaine amène une partie de cette connaissance… Mais je repose la question : sommes-nous vraiment une « équipe » dans le vrai sens du terme?

Qu’est le leadership dans ce contexte?

Mettez un groupe d’hommes ensemble pour faire du sport et vous retrouverez bien sûr différents niveaux de compétitivité. Pour certains joueurs, cette rencontre hebdomadaire est une occasion de s’amuser avec les boys et, pour d’autres, la même rencontre est chaque semaine l’équivalent de leur septième match de la Coupe Stanley. À quoi doit ressembler le leadership dans ce contexte?

Dans une vraie équipe, au travail comme dans le sport, on s’attendrait à ce que les leaders sonnent la charge et exigent que tous les membres de l’équipe offrent le meilleur qu’ils ont à offrir. Est-ce que cette attente est encore vraie concernant les personnes qui s’engagent dans la ligue avec la perception qu’ils sont là purement pour s’amuser avec les boys?

Parmi les définitions suivantes, dans le contexte d’une ligue de garage, quelle serait votre définition de leaders :

  • Ce sont les joueurs étoiles qui démontrent une forte volonté de gagner à tout prix.
  • Ce sont les joueurs qui « motivent les autres » en se fâchant et en criant après tout le monde quand quelque chose ne va pas.
  • Ce sont les joueurs qui démontrent un sens du « fairplay » et encouragent les autres au meilleur de leurs habiletés.

Est-ce que les organisateurs sont les leaders?

Une autre question intéressante est : devrions-nous considérer les organisateurs de la ligue comme ses leaders? Comment se perçoivent-ils vis-à-vis de ce rôle? Se considèrent-ils comme les leaders ou tout simplement comme les organisateurs?

S’ils se perçoivent comme les leaders, qu’est-ce que ça veut dire vraiment pour eux? Est-ce que ça veut dire que leur comportement sur la glace reflète toujours ce qu’ils attendent des autres? Quelle est l’influence de leur comportement sur les agissements du groupe sur la glace?

Un des grands pièges du leadership est le manque de leadership conscient. Parfois, on ne réalise pas que les autres nous perçoivent comme les leaders et qu’ils ont des attentes envers nous, et parfois, nous avons même une influence auprès d’eux que l’on ne réalise même pas.

Comment ceci s’applique au travail?

Dans le monde du travail, plusieurs d’entre nous se retrouvent aussi au sein d’une équipe. Prenons mon exemple de ligue de garage cité ci-dessus et tentons de faire quelques parallèles…

Qu’est-ce qui nous relie vraiment comme équipe? Partageons-nous une vision et des objectifs communs? Comment pratiquons-nous régulièrement afin de devenir une meilleure équipe? Dans les ligues de garage, les joueurs n’ont pas toujours le temps de se réunir entre les parties hebdomadaires afin que la chimie s’installe entre eux. Dans le monde du travail, tout se passe aussi rapidement et l’attention portée sur les résultats est tellement grande que l’on ne prend pas toujours le temps de travailler à devenir l’équipe que nous désirons devenir ensemble.

Au lieu des membres de l’équipe de hockey qui jouent pour s’amuser avec les boys, on retrouve potentiellement au travail des membres de l’équipe qui sont là principalement pour avoir leur chèque de paie. Ces membres de l’équipe vont potentiellement se rallier facilement à la majorité et ne pas faire trop de bruit afin de ne pas brasser le bateau. Plusieurs de ces personnes sont d’ailleurs très dévouées à leur employeur et veulent faire les bonnes choses, mais ils acceptent beaucoup de choses comme étant des choses qui ne changeront pas.

Au lieu des membres d’équipes au hockey qui crient et poussent les autres membres d’équipe quand ça va mal, on retrouve potentiellement au travail les membres d’équipe qui ne sont jamais contents et qui ont le don de soulever tous les problèmes sans toutefois faire grand-chose pour aider à remédier à la situation courante. Certains sont perçus comme des pommes pourries et les autres membres de l’équipe ne désirent pas nécessairement jouer dans la même équipe qu’eux.

Au lieu de membres de l’équipe de hockey qui désirent l’excellence, on retrouve potentiellement au travail les agents de changement qui tentent de changer les choses et de faire une différence dans leur environnement de travail. Certains semblent avoir une énergie sans limites et d’autres sont épuisés après avoir passé tant d’années à amener du changement sans vraiment être en mesure d’avoir l’impact qu’ils aimeraient avoir.

Dans ce genre de contexte professionnel, que devient le leadership pour vous? Comment rassembler tout ce beau monde autour de vous?

Conclusion

Le leadership prend souvent différentes formes selon le contexte dans lequel on se trouve. Il n’y a pas de formule magique et le leadership est généralement très contextuel et situationnel. Ce que je voulais vous apporter est que bien que j’écrive beaucoup sur le leadership dans un contexte d’affaires, on peut amener celui-ci consciemment dans plusieurs facettes de nos vies.

L’autre point est qu’une équipe doit se bâtir de façon consciente, au fil du temps et avec une vision et des objectifs communs et des pratiques régulières qui nous mènent dans la bonne direction.

À quoi ressemble votre équipe dans votre milieu de travail? Partagez-vous une vision commune que vous désirez tous respecter? Quels sont vos moyens pour vous pratiquer à devenir l’équipe que vous désirez vraiment être?

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steffan surdek

Steffan est un coach Agile. Il est également en charge du bureau de Pyxis Cultures.
Les clients sont au centre de son approche et il partage son expertise avec eux. Il a à cœur leurs équipes et leurs résultats. Il travaille avec eux afin de trouver les solutions Agiles qui répondent à leurs besoins d’affaires.

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