Lors d’un cours de troisième année à l’université, j’ai reçu un texto qui me disait: « Hey, est-ce que tu as réalisé que tu es la seule fille de la classe? ». La réponse était non; je ne le voyais plus. C’était rendu la norme. Être la seule ou l’une des rares filles du groupe ne m’importait plus.

J’ai choisi de faire mes études en informatique parce que j’aimais programmer et que j’ai un esprit analytique propice à la résolution de problèmes et l’écriture de code. Je n’ai pas vraiment réalisé ou porté de l’attention au fait ce que ce soit un domaine plutôt masculin.

Est-ce que cela m’effrayait au début de mes études universitaires ? Bien sûr. Est-ce que cela m’a fait repenser mon choix de carrière après ma première année d’université ? Oui. Est-ce que je regrette d’avoir persévéré ? Non, pas du tout.

Le début de mon parcours universitaire a été difficile pour moi au niveau social. J’ai deux soeurs et j’avais presque seulement des amis filles au secondaire et au cégep, alors me retrouver avec seulement des gars a été une relativement dure transition. J’avais plusieurs appréhensions face à la perception des autres. Je faisais donc attention à tous mes faits et gestes. Je ne voulais pas faire des activités avec des amis gars pour ne pas rendre mon copain de l’époque jaloux. Je ne voulais pas donner de fausses impressions à mes amis lorsque j’étais célibataire. Je ne voulais pas passer pour la fille stupide qui n’est pas capable de performer en informatique. Il m’a donc fallu du temps, de la patience et le soutien de mes amis pour trouver ma place dans le domaine.

J’ai connu par le passé des moments peu plaisants dans ce contexte. J’ai reçu des commentaires que j’ai perçus comme sexistes. J’ai été en contact avec des personnes représentant les stéréotypes du nerd ou encore du macho. Toutefois, j’ai eu la chance de rencontrer des gars gentils et sensibles qui sont devenus au fil du temps des amis proches. Ce que je pourrais dire, c’est que j’ai appris à travailler avec des garçons. J’ai su m’adapter à ce milieu typiquement masculin. Les prochains paragraphes font état de mes apprentissages.

Tout d’abord, j’ai appris que mes collègues ne réalisaient pas toujours l’impact d’une blague. Il y a plusieurs types de blagues : rire de son environnement, de la politique, d’un événement, etc. Cependant, il y a un type de blague qui est très présent entre gars, soit de ridiculiser les propos de quelqu’un. Dès que tu dis un commentaire qui peut être mal interprété, attends-toi à ce que certains garçons prennent cette occasion pour virer le commentaire en blague. On peut aussi appeler ça être baveux.

Étant donné que le commentaire était sérieux dans son intention et est ridiculisé par la suite, cela peut être pris de manière personnelle. Toutefois, le gars ayant émis la blague voulait seulement faire rire et non blesser. Il n’émet pas la blague en ayant une mauvaise intention. Ainsi, il ne réalise pas son impact et cela peut être interprété comme rire de la personne. Depuis quelques années, j’essaye de ne plus prendre ces commentaires de manière personnelle. Quand cela arrive, je me retire de la conversation ou du groupe, je vis mes émotions et prends ensuite du recul vis-à-vis ce qui s’est passé pour analyser le tout. Finalement, je vais habituellement voir la personne pour lui faire part de mes commentaires sur cette blague et cette dernière est la plupart du temps réceptive face à ceux-ci.

Ensuite, j’ai appris de ne pas tenir pour acquis que mes collègues masculins vont comprendre les non-dits. Il ne faut pas que j’attende que l’autre comprenne ce que je veux faire ou qu’il me l’offre. Je dois aller le chercher par moi-même et être honnête et directe dans mes interactions.

Par exemple, j’ai toujours eu un intérêt pour tout ce qui relève de l’interface utilisateur. J’ai souvent attendu que les autres m’offrent la possibilité d’en faire plus dans un projet. Je ne voulais pas en demander trop à mon équipe ou à mon employeur. Je ne voulais pas prendre trop de place et je ne voulais pas être exigeante. Mes homologues masculins avaient certainement moins de difficulté à prendre leur place dans l’équipe. Puis, lors de mon évaluation, on m’a dit que je ne prenais pas assez place et que je devrais le dire si je voulais faire une tâche en particulier. J’ai vu avec les années que je peux moi aussi être sélective dans ce que je veux faire et que je ne dois pas attendre que les autres me l’offrent.

Par la suite, j’ai appris que les non-dits peuvent aussi se présenter dans d’autres situations comme les relations interpersonnelles. J’ai vécu plusieurs situations où j’attendais que l’autre comprenne ce que je ressentais alors que finalement, il fallait que je lui explique que je m’étais sentie blessée ou même complètement outrée lors de notre conversation.

Un autre exemple: un de mes collègues annulait régulièrement sans me le dire mes rencontres hebdomadaires avec lui. Je me sentais gênée de lui demander pourquoi il ne semblait pas se lever de son bureau pour aller à la rencontre ou pourquoi il était hors du bureau quand on avait une rencontre planifiée. Je sentais que nos rencontres n’étaient pas importantes à ses yeux et que je n’avais pas assez d’importance pour lui pour qu’il me dise pourquoi il les avait annulées.

En fin de compte, je lui ai parlé de tout ça et il ne se rendait pas compte que simplement oublier les rencontres pouvait avoir un impact sur moi. Il m’a dit que je ne devais pas être gênée d’aller le voir et lui faire part directement de mes préoccupations. Il faut donc être clair et honnête si on veut être compris. Avec le temps, je suis devenue quelqu’un de beaucoup plus honnête et je ne passe plus par quatre chemins pour dire ce que je pense et ce que je veux.

De plus, j’ai appris que les avantages sont nombreux à travailler dans un domaine typiquement masculin comme l’informatique. Entre garçons, il y a rarement des commentaires négatifs envers quelqu’un en aparté, en d’autres termes, moins de commérages. Un monde de développeurs de logiciels apporte aussi une atmosphère bon enfant où on s’amuse à travailler ensemble. Le résultat final est quand même très intéressant.

Finalement, j’ai compris que lorsque tu choisis une entreprise où travailler, tu choisis aussi une culture de compagnie et des valeurs. Alors, si tu sélectionnes correctement la compagnie avec laquelle tu veux travailler, tu vas avoir des personnes autour de toi qui vont partager tes valeurs et ta vision de ce que devrait être un milieu de travail sain. Dans mon cas, j’ai choisi Pyxis, une entreprise où on m’aide à avoir un plan de carrière, où un Scrum Master fait partie des équipes pour permettre la bonne cohésion et le focus et où on m’offre l’opportunité de toucher à plusieurs domaines connexes (développement des affaires, comité bien-être, contact client, etc). Tout compte fait, je ne regrette pas d’être en informatique et je dirais même que je le recommande à n’importe quelle fille!

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audrée lafontaine

Titulaire d’un baccalauréat en génie logiciel, Audrée travaille depuis quelques années en développement Web. Elle perfectionne ses connaissances technologiques (ASP.NET, C#, jQuery et Less). Elle fait partie de l’équipe de Pyxis /studio depuis août 2015 à titre de développeuse Web pour le produit Urban Turtle.
Sociable et enjouée, elle s’est tournée vers l’Agilité afin de travailler avec une méthode efficace qui prône la collaboration au sein des équipes.

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