Je crois que nous appliquons inconsciemment les méthodologies Agiles et Lean dans notre vie de tous les jours et je ne peux qu’imaginer ce que nous pourrions accomplir si nous apprenions à appliquer ces principes intentionnellement. Je suis certaine que nous pouvons tous nous améliorer. Je veux être « l’Agiliste du quotidien »!

Ce billet est pour moi de nature très personnelle puisque je vais vous parler des excellents soins que mon père a reçus en fin de vie. Nous avons été assez chanceux de pouvoir le loger dans un des meilleurs établissements de soins du pays où le personnel compatissant et soucieux de son bien-être était ouvert aux possibilités d’amélioration sans jugement et à coeur ouvert. Notre famille a été vraiment chanceuse.

Quand ma mère est décédée soudainement à la suite d’une crise cardiaque, il est devenu douloureusement évident que les soins prodigués dans la résidence pour personnes âgées où mes parents avaient un appartement étaient désespérément inadéquats pour un homme corpulent souffrant de la maladie d’Alzheimer. En fait, sans ma mère pour faire pression pour lui, même son traitement dans la salle à manger déclinait rapidement.

Heureusement, ma mère (béni soit son grand coeur) avait anticipé ses besoins à long terme et l’avait placé sur des listes d’attente de maisons de retraite adaptées. Avec le changement de situation, il a été immédiatement remonté en haut de la liste et nous l’avons déménagé peu après le décès de ma mère.

J’aimerais mentionner maintenant que mon père n’a jamais été, en aucune façon, un homme facile. Orphelin dès son jeune âge et ayant arrêté l’école vers douze ans, cet homme a mis sur pied une entreprise de construction qui a connu du succès et s’est assuré que ses enfants aient tous la chance d’explorer les parcours académiques qu’ils avaient choisis. Il pouvait être brillant et dur à la fois. En tant que cadette, j’aime penser que je faisais ressortir son côté plus tendre et nous avions de magnifiques discussions. J’avais la chance d’avoir un horaire plus flexible que mes frères et soeurs et j’ai été responsable de l’installer dans sa nouvelle maison. Je me suis installée dans sa ville et j’étais présente chaque jour dans sa chambre.

Le Gemba

Cela s’est révélé une excellente occasion d’ « aller au Gemba » et d’observer le travail d’une équipe de soignants vraiment dévoués dans leurs efforts pour rendre mon père confortable.

Notre plus grande préoccupation quant aux soins de mon père était la prévention des chutes. Mesurant six pieds et pesant plus de deux cents livres, cela prenait deux personnes pour aider mon père à faire sa toilette et il est tombé plusieurs fois lorsqu’il perdait patience et tentait d’y aller seul. Tandis que d’autres membres de la famille se plaignaient amèrement du manque de prévention des chutes, j’ai adopté une approche différente qui était basée sur ma philosophie sous-jacente qui considérait que ces soignants n’étaient pas négligents mais des gens travailleurs et occupés déterminés à fournir des soins de fin de vie à une population vulnérable. J’ai toujours eu pour mantra que : « Personne ne se lève le matin en se demandant comment accomplir le travail le plus merdique possible et ne termine sa semaine avec un emploi et un chèque de paye ».

J’ai commencé à faire ce que ma formation Lean m’a appris : j’ai observé. J’ai observé que le personnel soignant surveillait mon père toutes les heures pour s’assurer que tout allait bien. Au début, ils le faisaient discrètement du seuil de la porte. Je leur ai demandé de changer quelque peu leur approche et de demander à mon père quels étaient ses besoins. J’ai continué à observer et commencé à réaliser que mon cher et bourru père avait toujours la même réponse à leur redondante question : « Avez-vous besoin d’aller à la salle de bain monsieur X? » C’était toujours un « Non » impatient. J’ai de nouveau approché le personnel pour suggérer une petite modification de leur approche. Cette fois, j’ai proposé une nouvelle question, quelque chose comme : « M. X, il est presque temps d’aller manger, aimeriez-vous essayer d’utiliser les installations et vous laver pour que vous n’ayez pas à interrompre votre repas? » BINGO! Journée joyeuse, personnel plus heureux et plus aucune chute…

Indicateurs clés de performance

Pour célébrer ce succès, j’ai rendu visite aux bureaux administratifs pour leur parler des changements que le personnel et moi avions effectués. Il s’avère que deux de leurs indicateurs clés de performance (KPI) étaient les blessures du personnel et les chutes des patients. Pour les soins d’un homme, nous avions réussi sur les deux plans. Ses chutes avaient été éliminées et les membres du personnel ne se sentaient plus sous la pression de son impatience qui les poussait à l’assister seuls  et à risquer de se blesser. Nous avons parlé de comment ce changement simple pourrait être répété à la grandeur de l’établissement.

Ma transparence et ma communication avaient porté leurs fruits, j’ai décidé d’augmenter la cadence. En utilisant un simple babillard, j’ai commencé à afficher de courtes notes à propos des activités qui pourraient intéresser mon père. Mon simple tableau Kanban est devenu un canal de communication essentiel lorsque je n’étais pas en mesure d’être présente. Papa était en mesure de côtoyer le companion canin en visite et de lui offrir les bouchées pour chien que j’avais placées sur sa table en même temps que la note sur le tableau Kanban. Quel réconfort lorsqu’il partageait un souvenir de Sport, le chien qu’il avait eu enfant, même quand il ne pouvait se souvenir de ce qu’il avait mangé le matin ou encore simplement d’avoir mangé.

Nous avons eu une expérience similaire avec la thérapeute musicale : elle avait laissé une note demandant quelles étaient les chansons préférées de mon père et j’avais répondu. Au cours de ses derniers jours, faible et les yeux clos, mon père tapait des orteils au rythme de son interprétation de « Wildwood Flowers », se remémorant sans doute les feux de camp en compagnie de ma tante et de mon oncle jouant de leurs guitares.

Bien que mon père me manque chaque jour, je sais au fond de mon coeur que mes apprentissages Lean/Agile ont fait une différence…

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Barbara Schultz

I believe that in order to be successful in the 21st century, one must not just manage and cope with change, one must aspire to be transformational. But how does one learn to “think outside of the box”? As a lifelong learner, I want to be a part of your transformation journey. My experience as a corporate change management and process specialist has allowed me to develop my Lean, Agile and Six Sigma skills into a varied toolbox to simplify change management and development. My training as a life coach and mental health facilitator provides a collaborative human touch to add heart and happiness to the experience. After all, Lean is really about finding the shortest distance between two points by leveraging the power of your people. I look forward to providing your team with the training and consulting services that will simplify and demystify your transformation journey.

2 Commentaires

  1. charlesandrebouchard@gmail.com'
    19/04/2017 at 08:51 — Répondre

    I was surprisingly touched by your article and how you describe in simple words the way an holistic, Agile approach can be applied to a diversity of work-unrelated issues.

    The more I evolve in my professional career, the more I perceive ways in which I can apply their principles to my everyday life. Then again, looking back at self-awareness practices undertaken by many cultures through human history, Agilists might be merely catching up on them in the context of IT work…

  2. Barb Schultz
    19/04/2017 at 10:26 — Répondre

    Thank you for your comment Charles-Andre
    you may be right that software development is catching up. . .as an eternal optimist, I prefer to believe that movements like life coaching and mental health initiatives (both in my background) and agile are making the world a better place through Transparency/Inspection and Adaptation. I like to believe that our shortcomings are opportunities no matter where they happen . . .in the home or the office. I believe in the power of « What if »

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