Quand j’étais jeune, les ordinateurs personnels n’étaient pas très répandus, mais ils avaient quand même réussi à piquer ma curiosité. Mon oncle, qui avait découvert mon nouvel intérêt, m’avait invité à aller passer quelques soirées à son bureau pour me permettre d’expérimenter avec une de ses machines. Ma mission était simple: entrer des données de sport dans un des ordinateurs. J’ai donc passé quelques soirs à saisir des données avec pour seule récompense, le fait d’être assis devant cette machine et de croire que j’étais utile à mon oncle. Rapidement, je me suis demandé comment créer quelque chose de nouveau au lieu d’être un simple utilisateur.

N’ayant pas accès à Internet (il n’y avait pas encore de fournisseur Internet pour le public québécois à cette époque), j’ai fait ce qu’on faisait à l’époque quand on cherchait de l’information: je me suis rendu à la bibliothèque. J’y ai trouvé un livre de mathématiques très intéressant… À la fin de chaque chapitre, il y avait un programme écrit en Basic qui permettait au lecteur d’appliquer les nouveaux concepts mathématiques appris. Lorsque le code était complété, il suffisait à l’utilisateur d’inscrire les données et le programme affichait les résultats des calculs. C’était génial! Une fois les programmes écrits, j’avais une calculatrice spécialisée pour mes problèmes de mathématiques.

Bien sûr, ça prenait un ordinateur. Mes parents n’étant pas très fortunés, ils avaient quand même fait l’effort de m’acheter un Osbourne 1 lors d’une enchère à mon école. Une bien drôle de machine, l’ancêtre de l’ordinateur portable. Le clavier pouvait se refermer et de l’autre côté, il y avait une poignée. Oui, ce truc se transformait en une grosse valise de 25lbs!

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Je me suis donc arraché les yeux à taper des programmes sur cet écran de 5 pouces qui ne pouvait supporter que quelques 52 par 24 caractères d’une teinte jaune-vert et dans une résolution terrible.

Au début, je ne faisais que taper le code de mon livre de mathématiques sans rien comprendre. Par la suite, j’apportais de petites modifications pour voir leurs effets. Plus tard, j’écrivais finalement mes propres programmes, et même des jeux, sur cet ordinateur qui semble maintenant sortir d’un film en noir et blanc.

Presque trente ans plus tard, j’écris encore des programmes juste pour le plaisir de le faire, simplement parce que j’ai eu une idée et que je voudrais la voir fonctionner. Et j’en suis venu à me poser des questions sur la relève. Les jeunes sont inondés par la technologie, ils sont tout petits et savent déjà comment utiliser une tablette, un cellulaire, le Wi-Fi. Ils sont des super-utilisateurs nés. Mais savent-ils créer?  

De mon point de vue, ne pas savoir programmer c’est comme ne pas savoir écrire, mais sur le plan technologique. Nous avons donc toute une génération d’analphabètes technologiques. Bien sûr, lorsqu’ils seront grands, ils l’apprendront à l’université s’ils ont de l’intérêt. Mais il me semble que c’est bien tard pour apprendre la langue des ordinateurs.

De plus en plus de pays ont choisi d’offrir des cours de programmation dans leurs écoles publiques, et ce parfois dès le primaire. Malheureusement, ici au Canada nous n’avons aucun programme du genre à offrir à nos jeunes qui pourrait leur permettre de devenir des créateurs et d’utiliser la puissance des ordinateurs à leur guise.

Kode Académie

J’ai donc décidé de prendre les choses en main et d’offrir des cours de programmation aux jeunes intéressés. Au lieu de jouer à des jeux, ils découvriront comment en créer. Au lieu d’attendre la prochaine application cool, ils pourront la développer eux-mêmes. Au lieu de tenter d’apprendre tout seuls dans leur coin, ils pourront profiter des expériences des autres et partager en groupe. Le projet s’appelle KodeAcademie.com et nous voulons recruter les programmeurs de demain!

Nous leur ferons réaliser des projets motivants, assistés par des professionnels qui pourront les guider dans leur aventure. Saviez-vous que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a appris la programmation en Basic juste avant d’entrer à l’école secondaire? Son père lui a aussi payé les services d’un professeur privé. Je me demande s’il vaudrait 63 milliards s’il n’avait pas eu accès à ces cours de programmation…

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Luc Aspirot

Luc est à la fois curieux et autodidacte, ce qui l'amène à explorer la programmation dès son plus jeune âge. Sa passion se transforme en carrière alors que ses futurs confrères mènent le combat contre le bogue de l'an 2000. Luc se spécialise en .Net et devient MCTS en 2009. Ses nombreux projets personnels lui permettent d’explorer une multitude de technologies en plus de s’additionner à son expérience variée. Depuis quelques temps, il explore Unity3d et développe des jeux dans ses temps libres.

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