Leadership co-créatif

Je discute et j’écris beaucoup à propos du leadership co-créatif ces jours-ci. Quand les gens me demandent de nommer les principales caractéristiques d’un leader co-créatif, j’énumère généralement les cinq habiletés suivantes :

  1. Être une voix parmi plusieurs dans la conversation ;
  2. Libérer les leaders autour de soi ;
  3. Consolider la capacité de son équipe ;
  4. Danser avec le système qui l’entoure ;
  5. Encourager l’apprentissage par la pratique.

Cet article est le premier d’une série qui explorera chacune des habiletés essentielles que les leaders co-créatifs doivent posséder.

La première habileté que nous explorerons ensemble, c’est la façon d’être une voix parmi plusieurs dans la conversation.

Remarquez votre influence dans les conversations

Qu’arrive-t-il quand vous commencez à parler lors d’une rencontre ? Est-ce que la conversation se termine et les gens se tournent vers vous ? Vous sentez-vous forcé de parler le dernier afin d’avoir le sentiment que tous ont eu la chance de dire ce qu’ils avaient à dire ? Avez-vous déjà remarqué que quand vous faites cela, vous conservez le marteau et avez toujours le dernier mot, mais de façon différente ? Avoir le dernier mot est une des formes d’influence que vous avez.

Pendant deux semaines, prenez le temps de mesurer l’effet de ce que vous dites durant vos rencontres. Au moins une fois par jour, réfléchissez aux rencontres auxquelles vous avez pris part. Remarquez ce que vous avez dit et l’effet que ça a eu quand vous l’avez dit. Quel est l’effet que vous vouliez avoir ? Qu’auriez-vous pu faire ou dire différemment ?

Commencez à remarquer votre influence pendant quelques semaines, mais ne changez rien tout de suite. Ciblez votre véritable influence en validant ce que vous remarquez en questionnant les autres. Commencez à effectuer des changements seulement quand vous avez une meilleure compréhension de l’effet que vous avez. Effectuez de petits changements et, pour chacun d’eux, mesurez ce qui arrive avant d’en apporter un autre.

Le changement peut s’amorcer aussi facilement qu’en invitant le groupe avec lequel vous êtes à remettre en question vos idées et à ne pas considérer votre contribution comme une décision définitive. Cela peut également survenir en soutenant davantage les idées des autres plutôt qu’en mettant vos propres idées sur la table. L’essentiel, c’est que vous soyez plus conscient de ce que vous faites.

Soyez responsable de votre contribution

Une autre forme de conscience de soi passe par le fait de remarquer votre contribution aux conversations. Dans les rencontres de groupe, qu’arrive-t-il quand vous dites quelque chose ? Est-ce que cela aide la conversation à aller de l’avant ? Est-ce que cela la fait s’arrêter net ? Est-ce que cela occasionne des distractions ?

Je travaille souvent avec des groupes qui incluent beaucoup de blagues et de sarcasme dans leurs rencontres. Quand je les questionne à ce propos, ils me disent souvent que je suis trop rigide et que je manque d’humour. Mais voici ce qui est important : quel est l’effet du sarcasme ? Est-ce vraiment une blague ou est-ce un message destiné à quelqu’un qui est présent dans la pièce ? Est-ce que cela aide la conversation à avancer ou est-ce que cela la pousse à dérailler ?

La suggestion que je fais aux équipes, ce n’est pas d’être rigides et dépourvues d’humour. Je leur demande de partager la responsabilité de rendre la conversation utile et productive. Je leur demande également d’élever le niveau de leurs discussions au-dessus des blagues et du sarcasme.

N’oubliez pas, le niveau des discussions qui ont lieu est en partie une réflexion de vous-même en tant que leader. Prenez le temps de comprendre comment contribuer aux rencontres. Si vous êtes parmi les perturbateurs, examinez de plus près pourquoi c’est le cas. Est-ce que votre inconfort personnel face à une situation vous pousse à agir d’une certaine façon ou à dire certaines choses ?

À titre de leader, vous devriez commencer à être responsable de votre contribution aux rencontres. Cela va donner l’exemple aux autres et rendra également plus facile pour vous de les tenir responsables.

Valorisez la contribution des autres

Les leaders co-créatifs ont aussi besoin de reconnaître la contribution des autres dans les rencontres. Comment soutiennent-ils la conversation ? Comment permettent-ils aux autres d’apporter leur contribution ? Quelle est la qualité de leur écoute ?

Si vous voyez des comportements que vous appréciez, prenez le temps de les signaler à haute voix. Cela fournit des exemples vécus auxquels les autres peuvent s’identifier. Cela fournit également de la reconnaissance et de l’appréciation aux gens mentionnés dans vos exemples.

Valoriser la contribution est aussi question de porter une attention particulière à ce que les gens disent. Quand quelqu’un apporte une idée intéressante, concentrez-vous sur la façon que le groupe peut construire sur celle-ci. Une partie du défi que présentent les rencontres avec de nombreuses personnes intelligentes est que plusieurs veulent que leur idée l’emporte. Alors, plutôt que de reconnaître la valeur d’une idée qui est proposée, certaines personnes passent outre et soumettent leur propre idée.

Quand vous voyez de telles situations survenir, aidez le groupe à le voir et à se concentrer sur une idée à la fois.

Acceptez l’inconfort

Je réalise que ce que je demande est à la fois très facile à dire et potentiellement difficile à faire dans la vraie vie. Vous remarquerez qu’accomplir certaines de ces choses demande de l’humilité et du courage.

Vous pourriez ne pas trouver facile que vos idées soient remises en question. En fait, vous pourriez être en train de réagir à ces remises en question en ce moment même, et cela ferait partie de l’influence que vous avez. Cela pourrait également ne pas être facile pour vous d’inviter votre équipe à le faire, puisque cela montrerait de la vulnérabilité.

En tant que leader, améliorer votre contribution personnelle peut être inconfortable. Vous aurez besoin de courage, de vulnérabilité et de patience. Voici la chose la plus importante que j’aimerais que vous reteniez : vous êtes en position de leadership pour une raison, que ce soit en raison de votre expérience de travail, de vos aptitudes ou autre chose. Bien que le servant leadership soit d’être au service des autres, vous n’avez pas besoin de vous retenir tout le temps. Cela signifie que vous devez être capable d’être une voix parmi plusieurs dans les conversations, pas la voix qui a le dernier mot.

À quel point êtes-vous une voix parmi plusieurs dans les conversations qui ont lieu au sein de votre organisation ? Qu’est-ce qui pourrait être différent si vous pouviez être une voix qui active le leadership co-créatif ?

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steffan surdek

Steffan est un coach Agile. Il est également en charge du bureau de Pyxis Cultures.
Les clients sont au centre de son approche et il partage son expertise avec eux. Il a à cœur leurs équipes et leurs résultats. Il travaille avec eux afin de trouver les solutions Agiles qui répondent à leurs besoins d’affaires.

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