En tant qu’accompagnatrice, facilitatrice et coach en transformation organisationnelle et développement des leaders, des équipes et des individus depuis 25 ans, j’ai voulu rencontrer l’équipe de Pyxis en compagnie d’une collègue. Une question nous habitait : « Est-il possible de structurer et diriger une organisation de manière plus organique, plus souple, plus humaine et de retrouver le sens, la cohérence, le désir et le temps pour innover dans la joie? »

Depuis aussi longtemps que je puisse me souvenir, comme facilitatrice et comme coach, je dérange avec bienveillance pour donner vie aux intentions et mieux répondre aux complexités et aux responsabilités en allégeant la souffrance et les contradictions manifestes entre la pensée, le ressenti, la parole et les actions dans les organisations. Depuis quelques années, une remise en question de nos modèles de gestion s’impose. Certaines organisations se questionnent, d’autres persistent dans une forme d’amnésie, malgré l’essoufflement, la perte de sens et la vision déformée.  Quelques organisations se sont ouvertes à l’inconnu pour faire autrement, un pas à la fois. Comme je dis souvent : « Ralentir pour aller mieux vite… »

Structure – Culture et Gouvernance
Pyxis, un modèle non traditionnel

Témoignages et distinctions des modèles traditionnels aux modèles émergents

Nous sommes revenues inspirées de notre rencontre avec des employés et des partenaires de Pyxis. Elle confirme qu’il est possible de vivre l’aventure de la liberté, de l’Agilité et de l’auto-gouvernance dans nos organisations; une ouverture au potentiel illimité pour le meilleur de l’organisation, des gens qui y contribuent, de ceux et celles qui en bénéficient et du monde qui les entoure.

Les prochaines lignes ne sont certes pas une thèse appuyée par des mesures qualifiables et quantifiables. Toutefois, elles témoignent d’une grande capacité de présence, d’écoute, d’authenticité, de fluidité et de créativité. Et ce sont des ingrédients dont les organisations ont grand besoin pour reconquérir la performance, la cohérence et la joie.

Eh bien, nous avons fait ressortir des caractéristiques qui se font rares dans les organisations actuelles. Il me semblait opportun de les partager.

Inviter versus Convoquer : À Pyxis, on invite, on ne convoque pas. Ainsi, une organisation ayant transformé les processus, les structures et les pratiques autour d’une collectivité invite à une rencontre la totalité des personnes qui la compose. Ce sont les personnes qui choisissent si elles y seront. Il n’y a pas de structure hiérarchique qui suppose par un titre qu’une personne ou une autre est plus importante et ainsi, mérite d’être convoquée à une rencontre. Nous voilà dans une approche participative.  À quoi ressembleraient les rencontres et la collaboration des employés dans une organisation qui ose inviter sans suppositions ou attentes de participation?

Les rencontres, les conversations et le dialogue versus les réunions, les ordres du jour et les processus formels avec un temps limité : À Pyxis, nous avons vécu une rencontre sous forme de conversation.  On invite, on accepte et nous y sommes dans le présent du moment. Les égos se posent, l’écoute, la conscience s’imposent. Le dialogue permet de trouver des solutions créatives, de répondre aux besoins relationnels dans nos organisations et il augmente le niveau de conscience et d’apprentissage.  Imaginons que les organisations créent un peu plus de dialogue et un peu moins de réunions, pour permettre à la pensée de s’exprimer plutôt que d’argumenter et de débattre les points de vue.

La forme ou l’essence?  Voici une belle contradiction que nous pouvons observer dans nos organisations : L’essence c’est l’esprit dans lequel nous faisons avec la présence de qui nous sommes. La forme c’est le cadre que l’on pose ou impose, qui souvent trop rigide empêche la créativité, l’innovation dont nous sommes assoiffés. L’expérience d’une rencontre avec la collectivité des gens de Pyxis, c’est laisser tomber la forme et laisser émerger l’essence. La forme se déforme et laisse place aux échanges et à la richesse de l’intelligence collective. L’expérience est plus grande que la forme que nous imposons dans les manières traditionnelles de se rendre intéressant de manière contradictoire (ordres du jour rigides, temps limité, débats, argumentaires, etc.)

Lorsqu’elle prend forme, l’essence est une invitation vers ce qui suscite notre attention, ce qui nous semble opportun en ce moment lorsqu’un sujet capte l’attention de tous et de toutes. Les jugements sont suspendus, la curiosité est présente, les questions sont puissantes et l’écoute attentive de ce qui est dit ouvre des sentiers inattendus.

La confiance tant recherchée dans les équipes… À Pyxis, on a compris quelque chose; la confiance n’est pas à bâtir, surtout lorsque le temps, la performativité nous indisposent à créer les contextes nécessaires aux relations dans les organisations.  La confiance est quelque chose à donner et non pas à demander. Pour donner confiance, il faut un réel lâcher-prise sur les modèles restrictifs de contrôle. Le lâcher-prise est la voie pour la laisser venir. Pyxis réussit bien la pratique du lâcher-prise et l’ouverture du laisser venir…

Nous pourrions poursuivre notre réflexion sur l’expérience de la rencontre avec Pyxis. Mais ces quelques ingrédients sont à notre avis bien suffisants pour laisser matière à réflexion pour l’avenir ou plutôt le devenir et je dirais même, le passage obligé de nos organisations qui nous invitent comme Coach organisationnel à les accompagner dans ce parcours de transformation plutôt qu’un parcours de changement ou de transition. La transformation, c’est changer quelque chose en mieux; c’est laisser aller la réactivité et mieux répondre à ce qui se présente, c’est s’éveiller pour reconnaître les emprises et en explorer le sens plus profond. C’est développer notre capacité de présence, malgré l’agitation qui se produit.

Nul doute que la transformation du modèle de gestion passe par la transformation du développement de la conscience. Est-il possible de transcender l’état d’esprit? La réponse est oui. Les coachs se placent au cœur de leur transformation personnelle et ont cette capacité de travailler avec les tensions et les contradictions. Cette forme d’accompagnement bienveillante soutient la transformation du niveau de conscience individuel et collectif. N’est-ce pas la fondation de base pour assurer la réussite des équipes, des organisations et du monde qui nous entoure? Un sujet bien intéressant pour poursuivre la réflexion…

Milles mercis à l’équipe de Pyxis.

Billet précédent

Magazine Savoir Agile Volume 2 - Automne 2017

Billet suivant

L’architecte dans une organisation Agile, c’est compliqué?

Céline Côté

Céline est Coach certifiée en développement intégral depuis 2015. Originaire de l’Outaouais, elle s’engage avec cœur dans la transformation personnelle et organisationnelle pour développer l’authenticité courageuse nécessaire dans les organisations.

Elle cumule plus de 25 années d’expérience en développement organisationnel où elle accompagne des personnes, des équipes et des organisations dans la réussite de leur changement structurel et culturel. Animatrice et formatrice, elle conçoit et anime des processus participatifs qui invitent l’esprit, la tête, le cœur et l’action. Elle accompagne des dirigeants dans la transformation de leur leadership individuel et collectif. Certifiée en cercle de coaching par l’apprentissage par l’action, Céline met à contribution cette forme de coaching auprès des équipes de direction.

Pas de commentaire

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *