Il y a quelques jours, mon amie Caro, qui est coach de rédaction, m’a envoyé un message sur Whatsapp : « Julia, nous devons remettre à plus tard notre séance prévue le 7 mars. C’est le jour de Nyepi à Bali, le jour du silence. »

Et soudainement, un souvenir m’est revenu. En mars 2016, durant mon année sabbatique, je suis arrivée à Bali au milieu de la nuit, juste avant le début de Nyepi.

J’avais réservé une chambre dans une maison d’hôte de Canggu, un village du bord de mer. À mon arrivée, mon hôte m’a souhaité la bienvenue et m’a dit : « Savez-vous que demain à Bali, ce sera Nyepi, le jour du silence? »

Je l’ignorais complètement. Il m’a expliqué : « C’est une tradition très importante à Bali. Durant cette journée, personne ne doit sortir ou parler. » Tout le monde est supposé rester à la maison en silence. C’est une journée de jeûne et de méditation, une journée de réflexion personnelle. Pas de travail, pas de technologies, pas de divertissement comme l’Internet, la radio ou la télévision; et une utilisation limitée de l’électricité.

« Cela débute à 6h demain et se termine le jour suivant à 6h. J’ai ces trois boîtes de nouilles sèches et du thé pour vous, pour les trois repas de demain. Vous pourrez faire bouillir de l’eau et les préparer lorsque vous aurez faim. »

Il se faisait tard, et je me suis retirée dans ma chambre pour me préparer à aller au lit. Cela me semblait à la fois très intrigant et significatif d’être arrivée à Bali à ce moment précis.

La journée suivante en était une de silence, toute seule, sans quitter la maison. Ma première décision fut de ne pas mettre de cadran.

Je me suis réveillée et j’ai eu le sentiment que cette journée était sacrée. Le temps semblait s’être arrêté. J’ai eu droit à 24 heures au cours desquelles il ne s’est rien passé à l’extérieur. J’ai eu 24 heures pour moi, pour réfléchir, pour lire, pour écrire et me reposer. Et manger des nouilles.

Et j’ai donc passé la journée à faire précisément tout cela.

Il se passait beaucoup de choses en moi, parce que je venais de passer des mois à bouger d’un endroit à l’autre, à me découvrir, à découvrir des lieux, des gens et la vie. Je venais d’annoncer à mon employeur que je ne souhaitais pas revenir. Je réfléchissais à une décision importante : commencer un programme de formation en coaching professionnel à San Francisco.

Et j’ai eu un jour de congé. La vie me donnait un jour de congé. Ce jour-là, je pouvais m’arrêter et prendre une pause de ce que je croyais devoir faire durant un jour de ma vie. Tandis que le monde extérieur était en attente, je pouvais respirer et prendre du temps pour moi. En m’installant là, sans bouger, à ne rien faire, en me permettant d’entrer en contact avec tout ce qui se transformait et bougeait en moi.

Aujourd’hui, dans mon appartement parisien, je repense à cette journée. Je vois à quel point il m’est difficile de créer de tels moments dans un monde toujours en effervescence, rempli de technologies, de choses à faire, de gens et des attentes que je crée dans mon esprit.

Je veux me reconnecter avec la possibilité d’une journée de silence, de réflexion et d’entretien de soi. Le temps d’être, simplement, dans les vies agitées que nous avons tendance à créer et mener; parce que le monde extérieur toujours occupé est tellement convaincant, parce que la modernité a déconnecté la plupart d’entre nous du sacré et des rituels de communion avec la nature et les autres. Alors peut-être que jeudi prochain je vais créer mon propre Nyepi à Paris.

Prendre une journée entière pour faire des choses auxquelles je m’adonne rarement, lentement, silencieusement, et entièrement : lire de la poésie, cuisiner doucement, respirer profondément, regarder le ciel, danser ma propre chorégraphie secrète, écrire des mots de reconnaissance, boire du thé, et lire mes livres préférés.

Amis de partout qui chaque jour offrez vos talents aux autres et au monde :

Qu’est-ce que cela vous fait ressentir, d’entrer en contact avec cette possibilité? Comment est-ce que cela pourrait se manifester, dans votre propre vie unique et sacrée, de faire place durant une journée au repos, au silence, à la réflexion personnelle, à la présence profonde et à nourrir votre cœur et votre âme?

Il semble que nous ne pouvons attendre que le monde extérieur s’arrête simplement et que nous soyons entièrement présents, respirant et restaurant nos précieuses énergies. Mais nous pouvons faire le choix conscient de créer ce moment pour nous-mêmes.

Nous n’avons qu’à choisir une journée…

Cultiver cette qualité de présence fait partie de nos responsabilités en tant que coaches. En suivant une formation pour devenir coach intégrale en Californie, j’ai découvert que le coaching n’est pas quelque chose que nous faisons. Le coaching est une façon d’être. Il faut de la pratique pour être entièrement présent avec les précieux êtres humains que nous soutenons dans leur propre transformation unique. Il faut du temps pour les voir vraiment, pour les écouter profondément. Notre paix intérieure et la clarté que nous trouvons dans l’immobilité et le silence nous permettent de créer la magie qui aide les humains à changer.

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Julia Guerin

Julia est coach en développement intégral, facilitatrice et formatrice. Elle aime plus que tout aider ceux qu'elle accompagne à déployer leurs talents et ressources intérieures d'une façon alignée, afin qu'ils puissent contribuer aux autres et au monde dans l'authenticité, la joie et l'évidence.

Son approche est holistique, intégrant notamment les trois centres de notre puissance en tant qu'humains (notre tête, notre cœur et notre corps), la dimension relationnelle, ainsi que l'enjeu du sens et de l'impact sur notre planète en transition.

Julia est basée à Paris et intervient en accompagnement individuel et collectif.

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